Entre Deux Rêves

Entre Deux Rêves

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec le temps et l’espace. Si je vous dis ça ce soir, c’est que je suis en train d’écrire un article à partir d’une conférence passionnante ou un physicien explique que lesdits temps et espace n’existent pas. Intéressants les ressentis de l’enfance… En attendant voici un extrait d’ Entre Deux Rêves, ma première nouvelle ou j’évoque ma difficulté à m’adapter à ce qui m’était imposée.

Moi et le monde. Comme quand j’avais quatre ans. Quatre ans.

 

Le temps était uniforme. Le temps n’existait pas. Il n’y avait qu’une seule et même journée qui s’étirait à l’infini. Il y avait le jour. Il y avait la nuit et les rires. Les cris des enfants qui jouaient dehors. Des rêves colorés flottaient autour de moi.

 

Puis ils m’ont appris les jours de la semaine. L’heure.

 

Ils m’ont poignardée et je saigne encore.

 

Ce décompte artificiel lacère ma réalité et fragmente mon être. Ces jours de la semaine dévorent ma vie. Ils défilent en une succession de moments que je n’arrive jamais à attraper. Je n’arrive pas à m’attraper. Le manège ne cesse de tourner. Et rien ne sert de descendre, car je le vois bien, dehors, ça tourne encore. C’est une ronde, dans une ronde, dans une ronde qui tourne sans fin et que rien n’arrête. Pourquoi m’ont-ils fait monter sur ce manège ? Quel est le sens de cette course folle ? Ralentir. Au moins ralentir. Mais rien ne se passe. Et si parfois je dis que j’ai l’impression que le manège tourne moins vite, quand l’espoir apparaît, on me dit que je suis démente. C’est tout juste s’ils ne courent pas pour être certains qu’il ne va pas ralentir ce manège qui tourne. Tourne. Et tourne.

© Photos : Pixabay ⎜AdobeStock

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